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Un second baptême qui interroge

GESTE
L’EREN a-t-elle ouvert une boîte de Pandore en baptisant un jeune homme qui l’avait déjà été au sein de l’Eglise catholique ? Son président, Yves Bourquin, s’en est expliqué lors du dernier Synode.

Deuxième baptême ? Baptême de réconciliation ? Nouveau baptême ? Second baptême ? Rebaptême ? Les termes utilisés ne sont pas clairement définis tant ils ont évolué au fil des semaines et sans doute des réactions divisées, qui ne semblent pas avoir été anticipées, après la décision du Conseil synodal de l’Eglise réformée évangélique du canton de Neuchâtel (EREN) d’accepter la demande du Chaux-de-Fonnier Michaël Ferreira de renouveler son baptême. Le premier avait été célébré par son grand-oncle, prêtre catholique, qui l’avait par la suite abusé sexuellement durant plusieurs années. 

Le 24 août dernier, le trentenaire a donc reçu le baptême une nouvelle fois, par immersion dans le lac de Neuchâtel, de la part de l’EREN, bien que les deux Eglises reconnaissent mutuellement leurs baptêmes. Qu’il soit fait par un prêtre ou par un pasteur, il y a un seul baptême, considéré comme chrétien par le rite de l’eau et la formule « je te baptise au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».

Une décision totalement assumée

« Le baptême était pleinement valide sur le plan théologique, mais il était indissociable des violences subies. Le Conseil synodal n’a pas voulu le refuser strictement – alors que très clairement c’est impossible du point de vue de la doctrine de revivre ce geste –, ou l’autoriser de façon clandestine. Nous assumons pleinement et complètement notre choix d’avoir permis de revivre le geste baptismal. Cette décision a été prise par le cœur », a expliqué Yves Bourquin lors du Synode de décembre dernier. En réponse à une motion déposée en lien avec ce sujet demandant notamment à ce que l’EREN « réaffirme explicitement l’engagement œcuménique de notre Eglise concernant la reconnaissance mutuelle du baptême » – et largement acceptée par les membres du Synode –, Yves Bourquin a précisé: « Ce geste se voulait une démarche de réconciliation et de réparation spirituelle, réalisé dans un cadre très précis et dans des circonstances exceptionnelles liées à des abus. Cela a été un acte pastoral de guérison. En le soutenant, nous n’avons en rien défié l’œcuménisme que nos Eglises vivent. »

Unicité du baptême depuis 1973 

Les Eglises réformée, catholique romaine et catholique-chrétienne de Suisse ont officiellement reconnu, dans une déclaration commune datant de 1973, la validité et l’unicité du baptême administré dans les autres Eglises chrétiennes. Cette reconnaissance mutuelle implique l’engagement réciproque de ne pas rebaptiser les personnes ayant déjà reçu un baptême chrétien.