
L’Église réformée vaudoise crée une Fondation de lutte et de prévention
La Fondation pour la prévention, la protection et la lutte contre les abus (FPPLA) sera opérationnelle courant février. « Nous avons rédigé des statuts, un règlement, et avons reçu la confirmation que nous répondions aux attentes de l’État », a annoncé en début de session plénière Philippe Leuba, président du Conseil synodal.
Le nouveau dispositif s’adresse aux Églises chrétiennes et en particulier aux Églises réformées. Son but est, d’une part, d’offrir une écoute et un soutien aux victimes d’abus dans le contexte ecclésial (atteintes à l’intégrité physique, psychique et/ou sexuelle), et, d’autre part, d’instruire les cas portés à sa connaissance. La FPPLA comprend donc deux cellules : la première pour le recueil des récits et des signalements, l’information et l’orientation des victimes, la seconde pour l’instruction des dossiers (renseignement et établissement des faits, émission de recommandations).
Une étape supplémentaire
La FPPLA peut être saisie par toute victime d’abus, ainsi que par le Conseil synodal. « À réception du signalement, le Conseil de Fondation commencera par vérifier s’il est habilité à intervenir », a expliqué Jean-François Meylan, président. Ainsi, en présence de soupçon d’infraction pénale, la Fondation s’adressera au ministère public. Dans les autres cas, elle saisira soit la cellule d’écoute, soit la cellule d’instruction, et celle qui traitera l’affaire rédigera un rapport destiné au Conseil du Fondation. Ce dernier s’en servira pour émettre des recommandations à l’attention du Conseil synodal. Elles porteront à la fois sur les mesures en faveur de la victime et sur la sanction contre le perpétrateur de l’abus. « La Fondation sera ouverte à d’autres Églises qui n’auraient pas les forces requises pour créer une institution comme celle-ci », a précisé Philippe Leuba.
L’Église évangélique réformée du canton de Vaud (EERV) est engagée depuis plusieurs années dans la lutte contre les abus qui se produisent dans le cadre de sa mission, notamment avec le lancement en 2021 du Plan de prévention et de protection de la personnalité, destiné aux personnes internes et externes à l’EERV. La création de la FPPLA constitue une étape supplémentaire, inscrite à l’instigation de l’EERV dans la Convention de subventionnement 2025-2029 qui la lie l’État de Vaud.
Débats interminables
Le Synode s’est ensuite penché sur la révision partielle du Règlement ecclésiastique, et plus particulièrement sur le paquet III relatif à l’organisation des services et offices. Lors des précédents synodes, un certain nombre d’articles à réviser ont été discutés et votés, parfois laborieusement. Cette nouvelle session plénière a confirmé la difficulté de la tâche : prises de parole, amendements, sous-amendements et motions d’ordre se sont enchaînés. Pour finir, les délégués synodaux ont voté la suspension des travaux sur le 3e paquet et le renvoi du dossier au Conseil synodal, qui est chargé de préparer un rapport complémentaire pour le Synode de juin 2026.
Les délégués ont également décidé d’adopter dans son intégralité le rapport sur la théologie des ministères. Ils se sont notamment prononcés sur les verbes qui décrivent les tâches des représentants ecclésiaux (proclamer, célébrer, former, servir…), ainsi que sur leur définition. Par exemple, pour les diacres, « servir » consiste à « prendre soin des personnes marginalisées et vulnérables, ainsi que de la Création, et à exercer une vigilance sur les possibles risques sociaux, environnement et politiques ».
Solidarité Nord-Sud
Enfin, le Synode a été appelé à se prononcer sur l’avenir de la participation de l’EERV à la Cevaa , communauté d’Églises protestantes en mission fondée en 1971. Cette association mène diverses actions, comme des séjours d’échange pour les jeunes, et finance des projets ecclésiastiques (par exemple, radio d’Église).
Jusqu’ici, l’EERV était membre de la Cevaa – tout comme les autres Églises de la Conférence des Églises romandes (CER) – via l’organisation Dynamique dans l’échange (DM), qui finançait leur adhésion à la CEVAA. N’étant plus en mesure d’honorer cette contribution, DM a dû se résoudre à réduire progressivement ses versements pour ne plus rien payer à partir de 2029. En conséquence, les Églises romandes ont été appelées à se positionner indépendamment les unes des autres sur leur éventuel retrait de la Cevaa, une adhésion commune par l’intermédiaire de la CER n’ayant pas été retenue. Après délibérations, le Synode de l’EERV a décidé de renoncer à une adhésion directe à la Cevaa.

