
Une Semaine sainte en musique100 % lausannoise
C’est sur la base du livret d’Alain Rochat que Jérôme Berney s’est mis à la tâche d’illustrer sur partition les six étapes de la Semaine sainte. Avec comme base Equinoxe, l’oeuvre déjà créée en 2022 par les deux artistes lausannois. «Elle liait déjà Pâques et le printemps, en parlant de mésanges, de la lune, etc
Qu’un texte biblique de la résurrection soit revisité à travers l’idée du printemps me touche, car cela va au-delà de la religion chrétienne.»
Semaine sainte en six concerts
Du 29 mars au 12 avril, six concerts différents inviteront le public à suivre les étapes qui mènent à Pâques, en commençant par le dimanche des Rameaux, avec la présence du Choeur de la Cité. Puis les chapitres se suivront sans se ressembler puisque le choeur ne reviendra que les 5 et 12 avril et sera remplacé par d’autres chanteurs solistes ou instrumentistes.
Le deuxième mouvement, «Mémoire», évoquera jeudi saint en tout petit comité de solistes. «Ce soir-là, des textes très touchants sur les souvenirs, le partage, les voix disparues, et qui évoquent bien sûr la cène, seront joués», complète Jérôme Berney, qui sera derrière son xylophone à l’occasion de ces concerts plus intimes. Puis l’obscurité atteindra son apogée dans «Ténèbres» le samedi 4 avril, avec la participation du rappeur neuchâtelois Abstral Compost. «Ce soir-là, on va descendre dans quelque chose de grave et de sombre. L’idée de la colère sera assez forte, les rythmes seront très énergiques.
Avant que ne ressurgisse la lumière.»Les inspirations sont bibliques, mais pas seulement, puisque le poète lausannois s’est inspiré du maître Jean-Sébastien Bach et de son oratorio de Noël. «Ayant baigné dedans, j’ai développé le goût pour sa musique. La tradition familiale, c’était d’écouter l’oratorio de Noël, mais Bach a divisé cette oeuvre en plusieurs cantates, que l’on suit chacune à une occasion différente, du 25 décembre à l’Epiphanie, en passant par le Nouvel An. L’idée, c’est donc d’étaler le moment de l’écoute sur plusieurs jours, comme mon père le faisait à Noël.» Ainsi, avec la création des deux Lausannois, la musique ne s’arrête pas le dimanche de Pâques. Car le 12 avril, les voix de trois jeunes solistes de l’Ecole de musique de Lausanne viendront clore le programme. Objectif: démontrer que la vie continue, même une semaine après. «Elles évoqueront l’avenir, ce souffle qui vient avec le printemps», explique Jérôme Berney. «La vie continue!»
Mêler les cultures et les histoires
Du côté musical, le compositeur est allé, lui, piocher dans son attirance pour l’Orient. «Non seulement j’ai donné une couleur orientale au projet, mais j’ai aussi engagé des musiciens orientaux.» La chanteuse albano-suisse Elina Duni viendra donner son timbre jazz, aux côtés du violoniste d’origine indienne Baiju Bhatt, du Malaisien Ganesh Geymeier au saxophone et d’une dizaine d’autres solistes et instrumentistes, le tout sur des mélodies inspirées des chants maronites libanais. «C’est une sensualité et des mélodies que j’ai toujours adorées. Et dans les chants maronites, il y a quelque chose de monophonique et intérieur qui me touche. J’aime faire des mélanges de recettes dans ma musique.» Ce travail phénoménal de mélange de cultures, de styles et d’inspirations, qui a demandé plusieurs années de préparation, se rêve joué et rejoué au fil des Semaines saintes.
Côté pratique
Dimanche des Rameaux 29 mars,17h, Palmes. Jeudi saint 2 avril,20h30, Mémoire. Vendredi saint 3 avril, 20h30, Croix. Samedi saint 4 avril, 17h, Ténèbres. Dimanchede Pâques 5 avril, 17h, Equinoxe. Dimanche 12 avril, 17h, Chemins.
Billetterie: terreaux.org.



