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© Alain Grosclaude
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Florian Schubert est pasteur dans la paroisse de Neuchâtel, référent de la Collégiale.
© Alain Grosclaude

La Collégiale fête ses 750 ans

INTERVIEW
De nombreux événements sont organisés cette année pour célébrer les 750 ans de la consécration de la collégiale de Neuchâtel, à commencer par le culte de Pâques en Eurovision, le dimanche 5 avril, à 10h.

Qu’est-ce que ce culte aura de particulier?

FLORIAN SCHUBERT Déjà, il aura lieu devant plus d’un million de téléspectateurs! Je le célébrerai avec ma collègue diacre Ruth Letare. Ce sera un culte de Pâques classique dans le sens où l’idée forte est la foi en la résurrection, qui nous porte en tant que chrétiens depuis plus de deux mille ans. Nous souhaitons néanmoins apporter un autre aspect: ce message a été délivré par les femmes le matin de Pâques et il a fallu des témoins pour le répéter à travers des siècles jusqu’à nous. Ce message porté par les gens que le sauveur est vivant, que l’on retrouve dans Job, est central dans la partition de Haendel. Un ensemble instrumental, un chœur et une soprano interpréteront des extraits de son Messie. La Collégiale a 750 ans, cette musique, 350… Maintenant, c’est à nous d’écrire une nouvelle étape pour que ce message vive toujours, de transmettre cette espérance et cette joie de Pâques.

Parlez-nous de quelques événements prévus cette année.

L’idée est de marquer le coup pour commémorer cette consécration décidée par les comtes de Neuchâtel et les évêques locaux en 1276, au moment où la construction du bâtiment a été terminée. Nous avons choisi d’axer les événements sur l’Histoire, le temps long, l’œcuménisme. L’un des rôles de l’Église est de proposer un album photo de l’histoire d’un lieu afin de conserver une mémoire. Cette église, devenue un temple protestant, a une place très particulière à Neuchâtel. Elle est son seul symbole: sa position, sa silhouette en font un emblème de la ville. Elle est le cœur de la cité depuis huit siècles: on a envie de raconter cette histoire.

L’idée est d’intéresser tous les groupes: les enfants –un nouveau cahier sera réalisé pour eux–, les jeunes notamment. On va également développer cela lors de cultes et à travers la musique, qui rappellera aussi ce temps long. Un cycle de conférences est prévu en mai et juin, données par des historiens et des théologiens sur des thèmes qui tournent autour de la Collégiale, de la ville et de leur rayonnement à travers les siècles. 

Et pour cet été?

La Collégiale est là depuis neuf siècles…, nous avons donc réfléchi à un projet qui traverse ces siècles, qui témoigne de ce qu’ils nous ont apporté. Chaque culte mettra l’accent sur un apport théologique particulier dû à ce siècle, un thème dominant, en corrélation avec de la musique de ces temps-là. Nous visiterons ensemble quelques aspects de ce temps long. Le message fondamental est qu’en sept cent cinquante ans, la foi –qui part de quelque chose qui a été révélé et qui est éternel– s’est développée et nourrie des expériences humaines. Ces apports théologiques ont enrichi la façon de penser Dieu et le monde. Ils font qui on est aujourd’hui. 

Qui célébrera ces cultes? 

Les trois pasteurs de la paroisse de Neuchâtel – Constantin Bacha, Zachée Betche et moi-même – officieront à deux reprises chacun. Pierre de Salis, docteur en histoire des religions et en anthropologie religieuse, a été invité à animer l’un des autres cultes, ce sera un vrai temps fort. 

En décembre, un autre moment retiendra l’attention…

Oui, le vendredi 4 décembre sera un jour exceptionnel avec le dialogue prévu entre l’historien français et médiéviste Michel Pastoureau et l’illustrateur du Seigneur des anneaux, John Howe. Ils discuteront du bestiaire de la Collégiale, de ce côté largement fantastique lié au Moyen Âge qui est visible aujourd’hui encore. Il sera notamment question de gargouilles et de chimères… 

Evénement œcuménique 

Toutes les grandes confessions chrétiennes de Suisse seront réunies à la Collégiale le samedi 21 novembre à l’occasion de la signature de la charte œcuménique au niveau de la Suisse. Cette signature, qui aura lieu en présence des autorités religieuses et politiques, représente un engagement qu’elles prennent les unes vis-à-vis 
des autres.