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© Elise Dottrens
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Le concert de Noël de l'association Mil et Une Miches a eu beaucoup de succès.
© Elise Dottrens

A Granges, les habitants redonnent vie à l’église

TRANSITION
Dans la paroisse broyarde, la baisse d’affluence au culte et le large territoire ont
poussé le Conseil paroissial réformé à repenser ses lieux de culte. Une association
locale a pris le relais.

Cela faisait longtemps que les habitants de Combremont-le-Petit n’avaient pas vu leur temple aussi plein. Lors du Noël de l’association « Mil et Une Miches », très active dans la commune, ils étaient plus de 300 à remplir l’édifice lors de deux concerts. Pour les organisateurs, il s’agit d’une réussite. « Pour une première, c’était vraiment chouette ! » s’enthousiasme Audrey Butikofer, présidente de l’association. 

Depuis l’été dernier, le temple n’accueille plus d’activité cultuelle. En effet, face à l’affluence de moins en moins grande lors des cultes, le Conseil de la paroisse réformée de Granges et environs a décidé de ne plus organiser d’activités religieuses dans quelques-uns de ses édifices. C’est le cas des temples de Treytorrens, Henniez et de la toute petite chapelle de Sassel. « La discussion a commencé il y a une dizaine d’années déjà », se souvient Sandra Blanc, sa présidente. « Nous nous sommes rendu compte que les gens se déplacent facilement, qu’ils n’attendent pas que le culte ait lieu dans leur village. C’est clair que des déceptions et des craintes ont été exprimées, surtout autour des services funèbres. Pouvoir vivre ça dans son village est encore quelque chose d’important. Alors la paroisse est restée à disposition pour rencontrer les habitants et en parler, et finalement, cela s’est passé quand même assez paisiblement. » 

Synergie entre les générations

Depuis, l’association Mil et Une Miches a pris la responsabilité de garder le temple vivant. Grâce à une convention avec la commune, elle peut en disposer librement pour organiser plusieurs types d’événements. « Nous aimerions créer une synergie entre les générations », explique JeanCharles Estermann. « Quelque chose qui soit ouvert à tous. » « Dans le village, il n’y a plus de bistrot ni de magasin, plus de lieu de rencontres », ajoute Julien Mottet, autre membre très actif de l’association. « Cela va amener du monde. »

Il était important que ces endroits deviennent des lieux communautaires

Il faut dire que la paroisse comptait dix temples sur huit communes. Il a donc fallu faire des choix, selon des critères très concrets, comme l’accessibilité, la présence d’un système sanitaire ou l’état général du lieu. Pour la commune de Valbroye, qui reste propriétaire de l’édifice et s’engage à continuer à le maintenir en état, voire même a y apporter quelques améliorations, le questionnement de la paroisse n’était pas une surprise. « Nous comprenons bien qu’avec les forces qu’ils ont actuellement, cela devient inévitable », explique Valérie Hadorn, vice-syndique.

Réorganisation avec Église 29

« Pour nous, il était important que ces endroits deviennent des lieux communautaires, c’est pourquoi nous avons contacté des associations villageoises. Je suis très contente que cela se passe comme cela, les associations sont très actives », exprime Valérie Hadorn. 

La réflexion de la paroisse de Granges est déjà bien avancée. Elle résonne avec le futur concept d’Eglise 29, actuellement discuté par l’EERV, qui rebattra les cartes des Régions et des paroisses, puisque des réorganisations et fusions de paroisses devraient avoir lieu. Cela répond, entre autres, à la baisse de participation aux cultes et à un nombre toujours réduit de pasteurs. Après une ample consultation cantonale, le projet devrait être effectif courant 2029. De là à libérer des temples pour des initiatives locales? En attendant, l’association Mil et Une Miches prépare, par exemple, un festival sur le thème de l’astronomie pour cet été.