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Le culte synodal de consécration, d’agrégation et de reconnaissance
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Le métier d’animateur-rice en Église cartonne

3 septembre 2026
 
3 min de lecture
Samedi 5 septembre, l’Église réformée vaudoise célèbre l’arrivée de sept nouveaux ministres et six animateur-rices d’Église, lors de son annuel culte synodal. Depuis quelques années, le métier d’animateur-rice connaît un intérêt croissant. Pourquoi cet attrait et quel est leur rôle?

«Nous recevons en moyenne deux candidatures spontanées par mois, pour être animateur-rice d’Église», affirme Vincent Guyaz, conseiller synodal de l’Église réformée vaudoise (EERV) en charge des ressources humaines. «La fonction est inscrite dans le Règlement ecclésiastique depuis plus de dix ans, mais ce n’est que depuis cinq ans qu’elle suscite un nombre de vocations grandissant». Compte tenu de cet intérêt et face à la pénurie de pasteurs, l’Église vaudoise a choisi d’engager davantage d’animateur-rices d’Église.  De plus, depuis quatre ans ils sont accueillis, lors du culte de consécration et d’agrégation des nouveaux pasteurs et diacres, à la Cathédrale de Lausanne. Cette année, cette cérémonie aura lieu le samedi 5 septembre.

Un éventail de compétences

Les animateur-rices d’Église travaillent majoritairement en aumônerie, même si certains exercent également en paroisse, après avoir suivi le Séminaire de culture théologique ou en le suivant en cours d’emploi. Et les compétences acquises précédemment jouent un rôle essentiel. «Nous engageons des personnes qui ont eu une expérience professionnelle, une formation ou un parcours  utiles à la fonction», relève Vincent Guyaz. Il cite, par exemple, le cas d’une infirmière qui souhaiterait être animatrice d’Église dans l’aumônerie d’un EMS.

«Il y a aussi de plus en plus de jeunes qui choisissent cette voie car ils veulent s’engager au sein de l’Église, mais pas en tant que pasteur ou diacre, ni pour les trente prochaines années», remarque le conseiller synodal en charge des RH. Parmi les autres candidatures fréquentes: des personnes dans la quarantaine, lassées par leur métier, souhaitant changer d’orientation. «Les profils sont donc extrêmement variés. Et ces compétences multiples enrichissent les équipes.»

Une identité réformée remaniée?

Pour le sociologue des religions Philippe Gonzalez, l’augmentation du nombre d’animateur-rices d’Église illustre une mutation du monde du travail. «Aujourd’hui, on a tendance à enchaîner différentes carrières professionnelles, plutôt que d’occuper la même fonction toute sa vie.»

Mais cet essor questionne aussi la légitimité du religieux. «Dans les années 1960, faire des études en théologie était prestigieux, tout comme la figure du pasteur. Aujourd’hui, plus besoin de passer par l’université pour exercer un métier d’Église. Ce changement pose la question du rôle du pasteur et de l’identité réformée», observe le professeur titulaire à l’Université de Lausanne. 

Au contact d’un large public

Les animateur-rices d’Église répondraient-ils davantage aux attentes de notre société actuelle? «Ils sont en lien direct avec un autre public grâce à leur travail dans les aumôneries, par exemple des hôpitaux ou des écoles, que les ministres qui travaillent en paroisse», explique le théologien Jean-Christophe Émery, lui-même animateur d’Église dans l’EERV depuis 2016 et directeur de Cèdres formation, un centre qui propose notamment le Séminaire de culture théologique.

Pour ce formateur d’adulte, on assiste à une transformation du rapport des réformés à la société. «Aujourd’hui, la figure centrale du pasteur des année 1950 a disparu. La population ne fait parfois même plus la différence entre un pasteur et un prêtre. Par contre, l’identité réformée semble totalement respectée, car l’Église va trouver les gens là où ils sont. Et être au cœur du monde est essentiel dans cette tradition.»

De son côté, Vincent Guyaz observe également que des équipes mixtes, composées de pasteurs, de diacres et d’animateurs d’Église prennent mieux en compte les besoins de la société car ces différents métiers sont tous complémentaires. D’ailleurs, le processus de recrutement des animateur-rices d’Église se rapproche désormais de celui des ministres. Ils doivent aussi passer par une appréciation psychologique. Et Vincent Guyaz d’insister: «Nous n’hésitons pas à refuser des candidatures qui ne correspondent pas aux convictions, à la culture et aux valeurs de l’EERV telles qu’elles sont notamment formulées dans les principes constitutifs.»