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TOUJOURS RELIÉS, AUTREMENT

 
1 min de lecture
Edito
Toucher la terre

Et vous, quand avez-vous touché la terre pour la dernière fois?Pas déposé un sac sur un sol en béton ni traversé un parc en regardant votre téléphone.
Vraiment touché la terre – senti sous vos doigts la matière grasse d’un sillon, entendu le craquement d’une forêt après la pluie, reconnu une plante sans avoir eu à la photographier pour l’identifier?


La question peut sembler désuète, voire naïve. Elle est pourtant au coeur de quelque chose d’urgent. Car ce que nous appelons «nature» – mot que les Hébreux de l’Antiquité n’avaient même pas besoin de nommer tant ils y étaient immergés – est devenu pour beaucoup d’entre nous un ailleurs. Un décor. Une destination de week-end.


Pourtant, les liens tiennent. Ils se transforment, se réinventent, parfois se déchirent – mais ils résistent.
Entre exploitation et vénération, entre héritage romantique et réalité brutale du marché, entre savoir-faire perdu et désir de renouer, se poser la question de notre rapport à la terre nous met face à nos contradictions.


Avons-nous suffisamment conscience de l’impact de notre présence sur les milieux sauvages pour renoncer au bonheur qu’ils nous apportent dans nos loisirs? Estce que les consommateurs et consommatrices que nous sommes agissent, au moment de faire leurs courses, avec la même rigueur que celle attendue des exploitants et exploitantes des sols d’ici et d’ailleurs?


La relation à la terre ne s’éteint pas, elle change. En prendre conscience pourrait être une incitation à ne pas sous-estimer la responsabilité que nous avons vis-à-vis de la Terre.