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©Anne Buloz
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©Anne Buloz

« La convivialité est aussi importante que les cultes »

 
1 min de lecture
Reportage
L’aumônerie des sourds et malentendants propose un culte avec sainte cène et une étude biblique chaque mois, alternativement à Neuchâtel et à Tavannes. Et prend part une fois par année à une célébration romande.

Thé, café et taillaule neuchâteloise: l’accueil est toujours soigné lors des activités proposées par l’aumônerie des sourds et malentendants du regroupement Jura-Berne-Neuchâtel. En ce dimanche 10 mai, une cinquantaine de personnes ont pris part à la célébration oecuménique qui rassemble une fois par année l’ensemble des communautés sourdes de Suisse romande.

A la chapelle de la Maladière de Neuchâtel, des visages moins connus – de Genève, Fribourg, du Valais et du canton de Vaud – se sont ainsi mêlés au public fidèle des cultes et études bibliques proposés chaque mois par Michael Porret – Micka –, chargé de l’aumônerie des sourds et malentendants de Jura-Berne-Neuchâtel depuis 2017: «Les personnes se déplacent volontiers, même si elles sont de plus en plus âgées. Quelques jeunes nous ont aussi rejoints plus récemment.»

Le culte débute en musique avec Micka et sa fille aînée à la percussion: «D’habitude, je n’utilise pas du tout de musique puisque tout le monde ne l’entend pas, mais d’autres communautés en intègrent régulièrement. La flûte n’aurait aucun sens, bien sûr, mais même les personnes sourdes peuvent ressentir les vibrations des percussions.» S’ensuit un passage de la Bible, l’Evangile de Jean (14, 15-21), à la fois lu et signé puisque toutes les activités de l’aumônerie ont lieu en langue des signes française (LSF) et en français oral.

La forme un peu retravaillée 
«J’essaie d’alléger un peu la forme des célébrations. Certaines personnes sont complètement sourdes alors que d’autres sont entendantes; il y en a qui maîtrisent peu la langue des signes et d’autres qui sont très à l’aise. J’utilise beaucoup les images lors des cultes. C’est un bon appui et c’est, il me semble, ce qui marche le mieux», explique l’aumônier. Qui écrit les textes bibliques du jour et s’appuie sur des mots qu’il projette pour être mieux compris.
Le public est ensuite invité à participer activement à la célébration avec deux devinettes en lien avec le passage de l’Evangile mis en lumière ce dimanche: quand Jésus a-t-il prononcé ces phrases? Et quels sont les deux commandements les plus importants? Réponse A, B ou C? Puis Micka explique, ombres chinoises à l’appui, ce qu’est le Saint-Esprit.

Unis ensemble et avec Dieu
C’est avec trois morceaux de bois, deux clous et un marteau que celui qui est aumônier à 30 % et à côté de cela brasseur de bière et instructeur de parapente, fabrique un triangle – une forme particulièrement solide – afin d’illustrer le Père, le Fils et le Saint-Esprit, ensemble et unis. «C’est important d’être unis les uns et les autres et aussi avec Dieu». La communion rassemble ensuite indifféremment protestants et catholiques comme chaque événement organisé par l’aumônerie Berne-Jura-Neuchâtel.

La majorité des participants et participantes reste ensuite pour le repas qui suit la célébration, dans la salle de paroisse. «Ils se connaissent tous et forment une véritable communauté qui aime passer du temps ensemble et discuter. C’est pourquoi un café ou un repas accompagne systématiquement nos événements. Pour eux, ces moments sont aussi importants que le culte ou l’étude biblique. Ils fonctionnent bien tous ensemble. Ils sont tous sourds et malentendants. Leur foi les relie aussi», précise Micka. Lui a appris le langage des signes avant de devenir l’aumônier de la communauté: «Même si je ne suis pas encore tout à fait au point, on n’a pas de problème à se comprendre!»