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© Alain Grosclaude
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Les stagiaires Eloïse Miceli (à gauche) et Emma van Dorp (à droite), la future relève de l’EPG.
© Alain Grosclaude

Deux futures ministres pour l’EPG

PORTRAIT
Emma van Dorp et Eloïse Miceli partagent l’envie de prendre soin, de faire Eglise
autrement, dans le lien, la confiance et la créativité. Elles effectuent actuellement
leur stage pastoral en paroisse.

Emma van Dorp : « Retisser la foi en communauté »

Emma van Dorp effectue son stage à Jussy, dans la paroisse Arve et Lac. Une communauté de campagne, comme elle le souhaitait. Cette jeune trentenaire citadine y apprend le quotidien du ministère : célébrer des cultes, accompagner les familles, visiter les personnes en deuil. Après quatre ans de thèse en solitaire, elle goûte la joie d’être avec les gens, d’écouter, de partager et de se confronter aux côtés pratiques du métier. « On peut se concentrer sur les aspects théologiques et réaliser que l’on ne sait pas rompre la tresse lorsque l’on célèbre sa première cène! » 

A priori, rien ne prédestinait Emma van Dorp à devenir pasteure. Arrivée des Antilles françaises à l’âge de 7 ans, elle grandit en ville de Genève et fréquente un peu les églises baptiste et Saint-Pierre, travaille pour l’Eglise des enfants. Dès l’adolescence, son questionnement sur la manière d’être chrétien aujourd’hui s’approfondit et elle s’intéresse à la théologie, mais sans volonté d’entrer dans le ministère. 

Le bachelor et le master à Genève sont une révélation: « J’ai adoré mes études  » Peu d’étudiants en classe, le dialogue avec les professeurs, un climat d’écoute et de liberté. Sa spécialisation oecuménique à l’Institut de Bossey pose ensuite un jalon: « Vivre en communauté avec une trentaine d’étudiants du monde entier m’a emportée. » D’où l’envie de travailler sur la vie communautaire, fil conducteur de sa thèse intitulée « Renouveler la foi communautaire », que la jeune femme de 31 ans espère soutenir en ce mois de février. Par la suite, elle se voit bien revenir en ville pour créer des espaces de respiration et de rencontre. « J’aimerais monter un petit café church, un lieu où les gens pourraient s’arrêter, parler, prier et se sentir accueillis. »

Eloïse Miceli : « L’Eglise comme lieu de lien »

Eloïse Miceli est en stage à Troinex-Veyrier. Elle y explore le ministère, célébrant des cultes, accompagnant des familles, prêchant dans des EMS. Elle aime se frotter à la réalité : « C’est ce que j’attendais du stage. » A 28 ans, la jeune femme a déjà un riche parcours derrière elle. 

Après un bachelor en théologie, elle s’oriente vers les relations internationales, spécialisée sur le Moyen-Orient, et effectue un stage au Département fédéral des affaires étrangères dans le domaine de la politique de paix. Un univers passionnant, mais elle se lasse du travail de bureau et reprend un master en théologie, tout en s’impliquant dans la vie ecclésiale : accompagnement de catéchumènes, animation jeunesse, délégation au Consistoire pour le LAB, participation à la gouvernance de l’Eglise, responsabilité du Ministère cantonal jeunesse. Récemment, elle a célébré son premier mariage, celui d’amis. « C’était une pression, mais aussi une joie immense. » 

Ce qu’elle préfère, ce sont les enfants et les adolescents : le contact facile, la spontanéité, les discussions inattendues. Très attachée à la dimension communautaire, Eloïse Miceli rêve d’une Eglise vivante, intergénérationnelle, musicale aussi : elle s’interroge sur la place du chant au culte et sur la manière d’y faire participer tout le monde. « La musique est une forme de soin. » Elle souhaiterait aussi une Eglise plus accueillante, qui prenne soin de ses membres au-delà des rites : « Après un mariage, un baptême ou un service funèbre, il faudrait une suite, une manière de dire : ‹ vous êtes toujours les bienvenus. »