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Les contraintes ont été nombreuses, le lieu s’adressant à des visiteurs du monde entier et de tout âge. Pour trouver la musique la plus universelle possible, les scénographes sont partis des battements de coeur humain.

Comprendre le multilatéralisme par l’immersion

 
1 min de lecture
Perte de confiance
Ouvert en juin, le Portail des Nations, futur centre des visiteurs de l’ONU à Genève, vise à mieux faire comprendre le système onusien avec une scénographie axée sur l’émotion et la participation.

Quid du multilatéralisme? Cette méthode collective pour prévenir les crises, stopper les conflits ou faciliter le développement est en crise profonde (lire Réformés, mai 2025). Même António Guterres, secrétaire général de l’ONU, l’affirmait dans un discours devant le Conseil de sécurité en mai 2025: «Il faut restaurer la confiance dans le multilatéralisme, dans les Nations unies, […] dans un système de sécurité collective certes imparfait, mais fonctionnel.» «Le multilatéralisme n’est pas mort… mais il est de plus en plus difficile à expliquer», constate Alessandra Vellucci, directrice des services de l’information à l’ONU.

Ce constat, d’un besoin de créer des liens entre les citoyens et la machine onusienne, Ivan Pictet l’avait déjà fait dans un contexte pourtant moins paroxystique. En 2008, il imaginait ainsi, avec l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID), un lieu où se seraient croisés étudiants et fonctionnaires internationaux. Si ce projet a échoué pour différentes raisons, il a cependant été la genèse de l’actuel Portail des Nations, site de 1500 m2 situé dans le parc du Palais des Nations et financé en grande partie par ce philanthrope.

Choix collectifs
L’objectif? Pouvoir parler de ces enjeux avec de plus jeunes générations, faire comprendre que les grands défis de l’époque (climat, pollutions, intelligence artificielle, conflits…) ne sont pas des concepts abstraits, mais le résultat de choix collectifs qui déterminent notre avenir et notre quotidien. Un projet à l’intersection de la communication et de l’information, donc. Et pour ce faire, c’est une forme muséale résolument innovante qui a été choisie: un parcours immersif en trois parties.

La première, «se rassembler», réunit une série de témoignages vidéo d’experts et d’explications. Elle sert à poser un principe fondamental: pour travailler ensemble, il faut un langage commun. La deuxième, «la connaissance», se passe dans une sorte de salle de contrôle. On découvre – en y participant – les mécanismes de décision face à une crise. En l’occurrence celle qui a permis de bannir mondialement les chlorofluorocarbures grâce au Protocole de Montréal en 1987: découverte scientifique, information du public, décision collective. 

Enfin, dans une troisième expérience, «la réponse», chacun prend la place d’un ou une délégué•e de l’ONU et participe à un vote impliquant différents arbitrages, forcément imparfaits, mais fruits d’un mécanisme coopératif. Au fil des salles, le participant- spectateur est pris entre courtes vidéos, montages sonores, jeux de lumière… «Nous avons voulu miser sur l’émotion et la participation: si l’on ressent les choses, elles ont plus d’impact», explique Olivier Pictet, à la tête de Downtown Studio, qui a construit la scénographie. 

En effet, confirme Caecilia Charbonnier, créatrice d’Artanim, fondation spécialisée dans les contenus culturels immersifs, et enseignante à l’Université de Genève, «des études sollicitant la réalité virtuelle montrent que l’on retient mieux lorsque la transmission sollicite l’émotion. Quand on fait les choses plutôt que de les faire faire, lorsque l’on mêle émotion, engagement et participation, la rétention et la mémorisation sont meilleures».

Et pour approfondir sa connaissance du multilatéralisme aujourd’hui, les visites guidées de l’ONU restent toujours possibles.

Informations pratiques et billetterie: wwwportaildesnations.ch.