
Le Prix Farel 2026 dévoile son programme complet
Dédié aux documentaires et aux nouveaux formats web, le Prix Farel, qui a lieu tous les deux ans au cinéma Rex à Neuchâtel, n’est pas qu’une compétition de films. Il offre désormais au public la possibilité d’échanger après chaque œuvre avec ceux qui l’ont créée, c’est la grande nouveauté de cette édition: l’inauguration du Café Farel, qui accueillera ces discussions, des master classes, des stands de livres et des dédicaces à la Salle de l’Académie et à l’Hôtel
DuPeyrou.
Plusieurs tables rondes sont également au programme, souvent en lien avec des thèmes abordés dans les documentaires: La santé du cerveau, Je ne m’informe plus... et alors? La foi sous algorithmes, Où se niche le sacré aujourd’hui? Cette conférence est en lien avec les 750 ans de la Collégiale de Neuchâtel. Et avec une exceptionnelle exposition du photographe neuchâtelois Christophe Florian, sur les espaces sacrés en Suisse romande, répartie dans trois lieux neuchâtelois, dont le Prix Farel.
Migration, histoire ou encore mémoire au menu
Mais ce qui reste au cœur de ce festival entièrement gratuit, qui se déroule du jeudi 19 au dimanche 22 novembre, ce sont bien entendu les films de différents formats qui seront présentés. Les thèmes sont variés: trois films abordent la mémoire et l’histoire: Tuer au nom de Dieu (Hugues Nancy) qui raconte les dessous du massacre de la Saint-Barthélemy façon documentaire d’enquête contemporain; En plein désert il y avait un puits (Chris Pellerin), souvenirs d’un appelé durant la guerre d’Algérie et Under the Dance Floor (Sára Timàr), évoquant l’horrible passé d’une maison durant les heures sombres de la Hongrie.
Les migrations et ce qu’elles génèrent sont évoqués dans Jusqu’à preuve du contraire (Lorraine de Fouchez et Jean-Baptiste Renaud), récits de femmes demandeuses d’asile à Marseille qui ont en commun d’avoir subi des violences sexuelles. Retour à Babylone (Sébastien Daycard-Heid) est davantage chargé d’espoir, suivant une famille assyro- chaldéenne qui effectue un voyage au pays de ses racines. Très émouvant également, Réminiscence, la propre histoire d’Ira Melnichenko, jeune réfugiée ukrainienne en Suisse alors que sa mère est retournée au pays, la laissant seule avec son frère. Les deux apprennent alors le décès de leur père à Kiev. Un mélange de prises de vue réelles et d’animation très inspiré, signé par celle qui vit aujourd’hui à Prilly (VD). L’animation est également au cœur d’À vol d’oiseau (Clara Lacombe), pour imager le périple d’un jeune Guinéen qui mettra trois ans pour arriver en France.
La guerre à Gaza est, au cœur de deux films: Inside Gaza (Hélène Lam Trong), sur le travail des photographes palestiniens de l’AFP sur place, et Collapse (Anat Even), dans lequel la réalisatrice parcourt un kibboutz – et un pays anéanti par l’attaque du 7 octobre.
L’IA interrogé, et une large place aux créations web
Le public devrait sourire en regardant La conversation (Julie Sanchez et Najla Barouni), dans lequel une femme âgée parle avec une intelligence artificielle pour se sentir moins seule. Jusqu’à l’agacement. Il sera touché par Les esprits libres (Bertrand Hagenmüller), où des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer participent à une création théâtrale. Et il devrait être horrifié en voyant l’enquête de Jérôme Clément-Wilz, sur les abus sexuels qu’il a subi enfant par un prêtre, dans Ceci est mon corps. Ce film sera projeté le 20 novembre, en partenariat avec la Journée internationale des droits de l’enfant au cinéma et suivi par un échange avec des experts des violences intrafamiliales.
Le festival pense également à un public jeune, habitué aux nouveaux formats, plus courts, sur internet, avec des films créés pour le web, récompensés depuis 2024 par un prix dédié doté de 5000 francs. Le samedi 21 novembre, une journée complète est dédiée aux créations web. Elle démarre par une table-ronde dédiée, «la foi sous algorithmes: influenceurs religieux entre Tik-Tok et IA». Et se poursuit avec une série de formats webs présentés par leurs créateurs, dont Le retour inattendu de la foi en Suisse (Pierre Pistoletti), Ce que cachent les maisons hantées (Manon Jack) ou Antisémitisme / islamophobie, on débunke les clichés, par le vulgarisateur Damien Fabre / Religare. La journée s’achèvera par une masterclasse ouverte à toutes et tous: «Comment écrire pour YouTube.»
Remise des prix dimanche 22 novembre, retour du prix du public
Le jury de cinq personnes, réunissant journalistes, réalisateurs et réalisatrices et professeur, attribuera le dimanche 22 novembre à 14h30 des prix répartis en cinq catégories, pour un total de 18 000 francs: les œuvres de cinéma à partir de 31 minutes, celles pour la télé de même format et celles de moins de 30 minutes, ainsi que les créations web. Enfin, le Prix du public fera son retour, –doté de 1000 francs-. En association avec la société de production Les Regardiens, le prix «Je n’ai pas fait que regarder» récompensera deux projets de documentaires de jeunes de moins de 26 ans en faveur de l’environnement.
Deux épisodes de la série « Placée », avec Isabelle Carré
Cette édition démarrera le le jeudi 19 novembre à 18 h30 avec, après la cérémonie d’ouverture, la projection des deux premiers épisodes de la série diffusée dès novembre 2026 sur la RTS, Placée. Un polar de Léa Fazer, avec Isabelle Carré, filmé dans le canton de Neuchâtel et traitant du drame des enfants placés en Suisse: une fiction particulièrement réussie. Le vendredi et le samedi, le festival se déroule de 9 h à 23 h et se conclut le dimanche après-midi. Cette édition proposera également de voir ou de revoir le film poignant Des hommes et des dieux, de Xavier Beauvois, sur le massacre des moines en Algérie, avec Lambert Wilson et Michael Lonsdale.
Rappelons que de nombreux auteurs des films en compétition sont disponibles pour des interviews, avant ou pendant le festival. Et rendez-vous en novembre à Neuchâtel.
Contact:
Camille Andres, directrice
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Johann Friedli, président
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