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le campus de Münster
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Cohabitation interconfessionnelle : Münster innove

 
1 min de lecture
Fait inédit, l’Université de Münster hébergera au même endroit les facultés de théologie protestante, catholique, islamique, orthodoxe et juive, dès 2027. L’autre particularité de ce campus sera d’abriter la plus grande bibliothèque de recherche au monde consacrée aux religions.

« Face à la pluralisation religieuse et à la sécularisation, il existe un besoin important de recherches religieuses interdisciplinaires », explique Simone Sinn, professeure de sciences des religions et de théologie interculturelle à Münster. Actuellement en construction, avec des travaux déjà très avancés, le nouveau campus dédié à la théologie et aux sciences des religions réunira divers établissements qui étaient dispersés dans toute la ville de Münster depuis des décennies.

Ce sont essentiellement les départements de théologie protestante, catholique, islamique et orthodoxe, ainsi que les études juives, les sciences des religions et le nouvel Institut pour la recherche multidisciplinaire sur les religions – le plus grand du monde.

Ouverture en 2027

Le complexe immobilier, composé de deux bâtiments, un ancien et un nouveau, est achevé ; la faculté de théologie protestante emménagera d'ici six semaines dans l'ancien bâtiment, qui a été rénové. L’ouverture des portes est prévue pour le semestre d'été 2027.

« Au cours des dernières décennies, l'Université de Münster est devenue un pôle d'excellence international en matière de recherche sur les religions, toutes époques et toutes cultures confondues », précise Simone Sinn. L’Université de Münster propose en effet un large éventail de cursus dans les domaines de la théologie et des diverses disciplines liées à la religion.

Attirer les jeunes

Les connaissances abordées vont des textes sacrés et des traditions aux multiples facettes jusqu'aux questions religieuses, culturelles, sociopolitiques et éthiques dans les sociétés pluralistes d'aujourd'hui. Ces cursus préparent à des métiers dans l'enseignement, l'accompagnement spirituel, le travail social, mais aussi dans la politique, la recherche et les fondations.

« Je suis convaincue que le nouveau campus de théologie et de sciences des religions permettra d’attirer les jeunes et de les passionner pour la théologie et la recherche en sciences des religions, affirme encore Simone Sinn. Les gens recherchent des choix professionnels qui leur offrent des possibilités de s’épanouir et de donner un sens à leur vie. »

Problème de surcapacités

Actuellement, la faculté de théologie catholique de Münster forme 1 500 étudiants, avec des cours dispensés par 21 professeurs et leurs collaborateurs scientifiques, tandis que son homologue protestante compte 900 étudiants et 14 enseignants. Quant à la faculté de théologie islamique, qui fêtera son anniversaire le 24 septembre, elle affiche 450 étudiants et 8 enseignants.

Il faut savoir que depuis quelques années, l’Allemagne souffre d’une surabondance de sites de formation universitaire en théologie, avec au moins 41 sites de formation pour chaque grande confession. Plusieurs solutions ont été envisagées : renforcer les grandes unités spécialisées (en leur permettant de se concentrer sur la formation des prêtres, ou sur la formation des futurs enseignants, par exemple), procéder à des coopérations interconfessionnelles, soit des fusions de chaires – ou promouvoir la cohabitation de facultés de diverses confessions, comme ce sera le cas à Münster. 

Un espoir pour la Suisse

Qu’en est-il en Suisse ? Les universités sont cantonales et dépendent donc de l’appartenance historique du canton pour ce qui est de la confession des facultés de théologie. « Mon espoir est de voir se multiplier les facultés à vocation interconfessionnelle », déclare Christoph Knoch, vice-président de la Communauté de travail interreligieuse en Suisse (IRAS COTIS).

Dans les facultés à vocation interconfessionnelle, les titulaires de chaires au sein d’une faculté à prédominance réformée ou catholique romaine sont censés appartenir à une autre confession, voire à une autre religion. « À Berne, typiquement, une spécialiste de l’Ancien Testament de confession catholique romaine a été employée pendant longtemps ; et depuis plusieurs années, une théologienne orthodoxe roumaine occupe une chaire, indique Christoph Knoch. De plus, la théologie catholique-chrétienne et la théologie réformée coexistent sous le même toit, au sein de la faculté de théologie. »

« On trouve également des collaborateurs de diverses religions à la faculté de théologie de l’Université de Genève, et celle-ci organise chaque année, en collaboration avec l’Institut œcuménique de Bossey, un Certificat de formation continue en études interreligieuses », ajoute Maurice Gardiol, membre du comité de la Plateforme interreligieuse de Genève.