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© Pierre Léderrey
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La plupart des sacs d’aliments et des cadeaux ont trouvé preneurs.
© Pierre Léderrey

A Morges, une Halte bienfaisante

Pierre Léderrey
9 février 2026
SOLIDARITÉ
Grâce à l’engagement de longue durée d’une solide équipe de bénévoles et la mise en commun des forces des Églises de Morges, le lieu de distribution alimentaire ne désemplit pas. Reportage avant Noël.

« Bonjour, on voit que ce sont les vacances, il y a plein d’enfants aujourd’hui. Un petit café ? un chocolat ? » En ce mardi 23 décembre après-midi, Stéphane Rempe, diacre catholique, s’occupe de l’accueil hebdomadaire à la Halte. « Je suis là une fois par mois. Nous tenons à souhaiter la bienvenue à chacun·e, à offrir de l’écoute à ceux qui le souhaitent. » Voilà bientôt une décennie que l’entrée et le sous-sol de l’église évangélique de l’Oasis accueillent à Morges ce lieu de distribution alimentaire pour des personnes en situation de précarité.

Des forces en commun

La semaine dernière, Samuel Ramuz, diacre réformé Présence et solidarité était à l’accueil. Un roulement qui comprend aussi l’aumônière catholique Esther Schmid et le pasteur de l’Oasis Mathieu Varidel. « Les Eglises ont décidé de mettre leurs forces en commun et ont créé ce lieu pour la distribution de nourriture, d’où notre présence à l’accueil », explique Samuel Ramuz. Mais La Halte fonctionne avant tout avec une grosse équipe de bénévoles qui s’occupe d’aller chercher ou de réceptionner les aliments, de préparer les sacs et de les distribuer à un public toujours plus nombreux. 

Les bénéficiaires doivent habiter la région morgienne, être disponibles le mardi après-midi pour venir chercher la nourriture, et se trouver capables de cuisiner ces produits frais. Esther Schmid : « Toute situation de précarité est douloureuse. Parfois les personnes ne pensaient pas devoir recourir à une distribution alimentaire gratuite, voilà pourquoi nous tenons à un accueil personnalisé, à ce que les gens ne se sentent pas juste un numéro. » 

Au sous-sol, Mag, responsable des bénéficiaires, gère les arrivées stylo et feuilles en main dans un mélange d’organisation bien huilée et de bienveillance. « Nous sommes à cinq le matin pour tout préparer ; et la veille, d’autres attendent l’arrivée des camionnettes et effectuent un premier tri de la marchandise. » Un peu plus loin derrière son petit comptoir, Eliane distribue les sacs selon un code couleur bien précis : « Le jaune pour les personnes seules, le bleu pour deux, le vert pour quatre ou plus. Nous allons dépasser les 100 sacs aujourd’hui comme c’est le cas depuis plusieurs mois. » Autant dire qu’une fois vidés, ces précieux contenants sont rendus à l’équipe qui les réutilise la semaine suivante. « C’est aussi l’occasion pour les gens de laisser pour d’autres ce qu’ils ne consomment pas. En principe, il faut pouvoir venir sur place mais il nous arrive exceptionnellement de nous rendre chez la personne en cas d’empêchement. » Les gens terminent ensuite leur circuit au Portakabin situé derrière le bâtiment avec les frigos et les produits congelés. « Je viens comme bénévole depuis le début, sourit Rosemarie emmitouflée pour lutter contre le froid piquant du jour. Il y a beaucoup d’habitué·es avec qui j’ai du plaisir à échanger. »

Des cadeaux à mettre sous le sapin

Depuis plusieurs années, Laetitia Kursner et Francine Schiess, de Berolle, récupèrent, trient et emballent à Noël des cadeaux pour les enfants de familles en situation de précarité. Une partie est distribuée via l’association SOS Futures mamans, l’autre via l’Eglise réformée. « Cette année, relate Samuel Ramuz, j’ai proposé au comité de la Halte de les ajouter à la distribution alimentaire du 23 décembre pour les enfants des familles sur leurs listes. » Soixante-sept cadeaux exactement. De quoi provoquer la joie de nombreux enfants.