
Mourir, oui… mais comment ?
Parler de la mort n’a rien d’évident. Nous savons qu’elle fait partie de la vie et pourtant, nous préférons souvent la tenir à distance. Jusqu’au jour où la maladie, le vieillissement ou le décès d’un proche nous obligent à la regarder en face. Mais derrière cette thématique se cache une question, peut-être plus difficile encore: comment voulons-nous mourir? Aujourd’hui, nous pouvons anticiper certaines décisions concernant notre fin de vie. Nous pouvons rédiger des directives anticipées, refuser certains traitements, bénéficier de soins palliatifs et, en Suisse, sous certaines conditions, demander une assistance au suicide.
Mais peut-on vraiment choisir son départ? Et que se passe-t-il lorsque nous ne choisissons ni la maladie, ni la dépendance, ni le moment où nos forces nous abandonnent? C’est autour de ces questions que nous avons imaginé la deuxième édition de notre festival autour de la mort: «Mourir, oui… mais comment?». Notre intention n’est pas d’apporter une réponse toute faite, et encore moins de dire quelle serait la «bonne» manière de tirer sa révérence. Nous voulons au contraire faire entendre des voix différentes, qui ne disent pas nécessairement la même chose, et leur permettre de dialoguer.
Liberté et autodétermination
Il sera ainsi question de liberté, de dignité et d’autodétermination avec EXIT, mais aussi de maladie, de finitude et d’accompagnement. Avec le théologien Simon Butticaz, nous nous demanderons également ce que la mort vient bousculer dans la foi chrétienne et ce que signifie encore de parler de résurrection et d’espérance face à notre propre finitude. Et parce que le repos éternel ne peut pas rester seulement un sujet de réflexion, nous entendrons aussi une parole venue au plus près de l’expérience. Dans son journal de fin de vie, Jean Mahler a mis des mots sur les derniers mois de son existence. Une lecture musicale de ses textes nous permettra d’entendre la voix d’un homme qui se sait arrivé au terme de sa vie et qui cherche pourtant à rester «vivant jusqu’au bout».
Le cinéma ouvrira cette réflexion avec «Amour» de Michael Haneke. À travers un couple confronté à la maladie et à la dépendance, le film pose avec une force particulière la question de l’accompagnement de celui ou celle que l’on aime lorsque la vie bascule. Choisir, subir, accompagner, croire, douter, espérer… Derrière le «comment mourir» se trouvent finalement autant de réponses qu’il existe de vies humaines. En tant qu’Église, nous pensons que ces questions méritent un espace où elles puissent être dites librement, sans tabou, sans jugement et sans réponse imposée. Car parler de la manière dont nous allons mourir, c’est peut-être aussi nous demander comment nous voulons habiter pleinement le temps qui nous est donné.
Envie d’aller plus loin?
Retrouvez le programme complet du festival autour de la mort, qui se tiendra du 30 octobre au 1er novembre, à Gland. Découvrez tout sur les intervenants et les informations pratiques sur: www.eerv.ch/gland.
Entrée libre – Bienvenue à toutes et à tous!





