
Le désir d’enfant plus fort chez les hommes que chez les femmes
Selon ce document, 46 % des personnes âgées de 18 à 45 ans et sans enfant souhaitent en avoir, tandis que 27 % n'en veulent pas. Mais les résultats de l’étude de Swisslife révèlent une réalité plus étonnante : les femmes (45 %) désirent un peu moins souvent avoir un enfant que les hommes (48 %).
Il est intéressant de noter que la société perçoit la situation de manière totalement différente : 45 % pensent que ce sont plutôt les femmes qui souhaitent avoir un enfant, tandis que seuls 5 % attribuent ce désir aux hommes. En ce qui concerne les parents, 33 % des sondés souhaitent avoir un autre enfant – cette envie étant là encore légèrement plus marquée chez les hommes (37 %) que chez les femmes (29 %).
Trois personnes sur dix estiment que la société attend trop d'elles qu'elles aient des enfants, et les femmes (35 %) sont plus nombreuses à partager cet avis que les hommes (23 %). Cela peut s'expliquer par le fait qu’elles sont plus souvent visées par cette pression : 38 % des sondés déclarent qu'on attend d'une femme qu'elle ait des enfants, contre seulement 17 % des hommes.
Taux de natalité en baisse
Sans surprise, le taux de natalité continue de baisser. Au niveau mondial, il a diminué de moitié depuis 1950. En Suisse, il a atteint un niveau historiquement bas en 2025, avec 1,28 enfant par femme. Pourtant, 46 % des personnes sans enfant âgées de 18 à 45 ans disent qu’elles aimeraient avoir un enfant, et 33 % des parents souhaitent avoir un autre enfant.
« La baisse du taux de natalité entraîne une diminution de la population active, ce qui pose notamment des défis aux systèmes de prévoyance vieillesse par répartition tels que l’AVS », affirme, interrogé par mail, Marin Good, Media Relations & Content Manager chez Swiss Life. Et aucune reprise n’est en vue : selon le scénario démographique de l’Office fédéral de la statistique, il y aura en Suisse, à partir de 2031, plus de décès que de naissances. En 2075, on ne comptera plus que deux personnes en âge de travailler pour chaque personne à l’âge de la retraite, contre trois aujourd’hui, selon Swisslife.
Absence de désir d’enfant
Les raisons les plus fréquentes invoquées pour ne pas avoir (d'autres) enfants sont l'absence de désir d'enfant (52 %), le fait d'avoir déjà créé une famille (43 %) et la charge financière que cela représente (39 %).
Les personnes sans enfant et qui ne souhaitent pas en avoir se justifient souvent par l’état du monde (46 %) ou un manque de temps (44 %). Nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, les femmes (61 %) étant nettement plus nombreuses que les hommes (36 %) à penser qu’un (autre) enfant entraînerait une détérioration de leurs perspectives professionnelles.
Difficultés à épargner
Par ailleurs, les mères de jeunes enfants assument, avec 61 à 65 heures par semaine, une part nettement plus importante du travail non rémunéré que les pères (39 à 42 heures). Dans une certaine mesure, cela reflète les attentes de la société : ainsi, 35 % des personnes interrogées estiment qu’il est néfaste pour les jeunes enfants que leur mère travaille à temps plein, alors que ce chiffre n’est que de 16 % pour le père.
Côté financier, les ménages avec enfants sont en moyenne moins satisfaits de leur situation financière que ceux qui n’en ont pas. Alors que les premiers parviennent en moyenne à épargner seulement 17 % de leurs revenus bruts, ce chiffre grimpe à 22 % pour les couples sans enfants. Au surplus, près de la moitié des personnes âgées de 18 à 60 ans estiment qu'il est plus difficile d'épargner à titre privé pour la retraite lorsqu'on a des enfants.
« Croissez et multipliez »
« Dieu les bénit et leur dit : Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre », lit-on dans la Bible (Genèse 1 :28). Les institutions religieuses encouragent-elles la population à faire des enfants ? Un certain nombre de recherches montrent qu’il existe un lien positif entre religiosité et forte natalité (voir Population Connection, National Library of Medicine ou ScienceDirect). En moyenne, les femmes et les couples pour qui la religion est très importante ont effectivement un désir d'enfant plus élevé et des familles plus nombreuses que les personnes séculières ou non croyantes.
Cependant, il est important de replacer l’injonction de Genèse 1,28 dans son contexte biblique, nuance Stephan Jütte, porte-parole de l’Église évangélique réformée de Suisse (EERS). « Dans la tradition réformée, il ne s’agit pas d’un commandement intemporel imposant à chaque personne d’avoir des enfants, mais d’abord d’une parole de bénédiction. Dieu bénit la vie humaine et la confie à la responsabilité des êtres humains. L’Église protestante ne déduit donc pas de ce texte un devoir de procréer, y compris dans un contexte de baisse de la natalité. Avoir ou ne pas avoir d’enfants relève d’une décision personnelle, prise en conscience, en fonction de sa situation de vie et de sa responsabilité envers un éventuel enfant. L’Église respecte tout autant les personnes qui fondent une famille que celles qui n’ont pas d’enfants, par choix ou non. En revanche, il serait également réducteur de considérer la natalité comme une question exclusivement privée. Une société qui accueille les enfants, soutient les familles et favorise la solidarité entre les générations répond à une responsabilité collective à laquelle les Églises souhaitent contribuer. »



