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© Alain Grosclaude
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© Alain Grosclaude

Inscrire le MIR dans le paysage muséal actuel

 
1 min de lecture
Interview
Le Musée international de la Réforme prend un nouvel élan avec à sa tête un binôme qui entend insuffler une dynamique revisitée à l’institution. Objectif: en faire un espace de rencontre, de réflexion et de débat.

Vous êtes tous deux archéologues de formation, comment envisagez-vous le MIR?
JEAN-QUENTIN HAEFLIGER:Nous ne disposons ni l’un ni l’autre de formation en théologie ou en histoire de la Réforme.
Mais nous sommes issus du domaine muséal. Archéologues, spécialisés respectivement dans l’Antiquité et la Chine, nous avons l’avantage de pouvoir apporter un regard différent et neuf sur le MIR.

ESTELLE NIKLÈS VAN OSSELT: J’ai étudié les arts asiatiques et j’ai travaillé dans le domaine de la joaillerie, puis dans une maison d’horlogerie suisse, où j’ai beaucoup appris sur la communication. Nous sommes en train d’élaborer de nouvelles stratégies en ligne et sur les médias sociaux afin d’atteindre les jeunes et peutêtre les écoles.

Comment communiquer?
J.-Q. H.: Les expositions temporaires sont notre outil le plus important. Elles permettent d’attirer de nouveaux visiteurs en ouvrant le musée à des thématiques parallèles à celle de la Réforme. Ainsi, l’exposition consacrée à Ferdinand Hodler devrait intéresser des visiteurs provenant des autres cantons romands, mais aussi de Suisse alémanique ou de France.

Quels sont vos projets pour le musée?
E. N. V. N.: Il s’agit de transformer le musée en une plateforme de rencontres, de débats et d’apprentissage mutuel, en poursuivant l’organisation de conférences et de soirées. Une manière de susciter des questionnements et des coups de coeur auprès d’un nouveau public. Nous avons aussi le souci d’exposer davantage d’objets et de les mettre en dialogue afin d’amener du réel à une époque où le virtuel prend toujours plus de place.

J.-Q. H.: Tout en respectant la spécificité historique du MIR – avec l’exposition permanente – et dans la continuité du travail de notre prédécesseur, l’objectif est également de rester à la pointe des développements muséaux. Nous souhaitons aussi ouvrir encore davantage le MIR et l’inscrire dans le paysage muséal actuel. La tendance est de quitter une conception du musée comme lieu de savoir hiératique pour passer à un espace où le public et l’équipe construisent les connaissances ensemble.

Ferdinand Hodler, peintre spirituel
ANCRAGE: Admiré pour ses paysages, Ferdinand Hodler ne fut pas seulement un peintre patriotique. Avec l’exposition «Ferdinand Hodler. Profession de foi», le MIR propose un regard inédit sur son oeuvre et met en lumière son rapport à la spiritualité. Né et baptisé à Berne, Hodler grandit dans un environnement protestant et fut, dans sa jeunesse, un lecteur assidu de la Bible. Des paysages dominés par les églises et des scènes de prière ou portraits de pasteurs aux représentations de la Réforme, la scénographie montre d’abord cet ancrage protestant. 

Son oeuvre évolue ensuite vers une conception plus personnelle et presque mystique de la nature. Influencé notamment par sa lecture de Spinoza, Hodler développe l’idée d’une spiritualité immanente, qu’il poursuit à travers les corps, les gestes et les paysages. L’exposition met également en évidence les liens possibles entre son célèbre principe du parallélisme – qui juxtapose des figures légèrement différentes afin de créer une impression d’unité collective – et l’héritage de la Réforme. De Calvin et les professeurs dans la cour du Collège de Genève à L’Unanimité en passant par Ce que disent les fleurs, les 25 tableaux présentés retracent ainsi les différentes étapes de l’évolution spirituelle et artistique de Hodler.

Infos: exposition «Ferdinand Hodler.
Profession de foi» à voir jusqu’au 24 janvier 2027, Musée international de la Réforme, cour de Saint-Pierre 10, Genève. Liens