
Un code de conduite pour l’Église réformée fribourgeoise
« Nous procédons actuellement à la révision de notre dispositif de protection en matière d'intégrité personnelle », a annoncé le conseiller synodal fribourgeois Benjamin Stupan lors de cette session. Une formation spécifique sera proposée en français le 13 novembre à Bienne, suivie d’une autre en allemand le 17 novembre à Guin, et un groupe de travail chargé d'élaborer un code de conduite sera mis en place dès janvier 2027. « Actuellement, nous n’en avons pas sur un mode généralisé », a précisé Benjamin Stupan à Protestinfo.
La formation permettra aux participants d’être capables de repérer les situations à risque concernant la violation de l'intégrité personnelle et d'agir de manière appropriée selon leur rôle. « Elle permet de se confronter à beaucoup d’exemples pratiques », a affirmé Benjamin Stupan. À noter qu’elle sera dispensée par des experts reconnus de l'organisation MachtRaum, centre spécialisé dans la prévention des abus de pouvoir.
Formations obligatoires
Pour les pasteurs et les diacres, les aumôniers (accompagnants spirituels), les catéchètes et les bénévoles intervenant auprès de personnes particulièrement vulnérables, la formation sera obligatoire. À partir de 2027, au moins un cours de base sera dispensé chaque année. Quant au code de conduite, il devrait être introduit dans le courant de l’année prochaine. « Il s’agit de deux principaux aspects de notre dispositif de protection », a résumé Benjamin Stupan.
Le Synode s’est également penché sur un plan mené en Suisse alémanique pour faire face à la pénurie de pasteurs. En effet, les Églises réformées s’attendent à un défaut de relève imminent, qui s’explique par la baisse du nombre d’étudiants en théologie. « En cas d’urgence, des personnes n’ayant pas terminé leurs études de théologie pourront être engagées en tant que suffragants, après avoir bénéficié d’une formation raccourcie et d’un accompagnement étroit », a expliqué le théologien zurichois Thomas Schaufelberger, secrétaire de la Conférence des Églises signataires du Concordat. Les premiers suffragants pourraient être engagés en 2027.
Pour les 55 ans et plus
Le groupe cible est les personnes âgées de 55 ans et plus, au bénéfice d’un bachelor universitaire ou HES. Le processus de sélection comprendra une évaluation des aptitudes, de la personnalité et des capacités de communication, pour une formation équivalant à 60 ECTS à l’Université de Bâle ou de Zurich et un engagement de dix ans au maximum. « Il s’agit en effet d’une réponse temporaire à la pénurie de pasteurs », a souligné Thomas Schaufelberger. L’opération ne devrait probablement pas durer plus de deux ans et sera neutre en matière de coûts à long terme, tant que le nombre de personnes formées restera limité.
Tünde Lamboley, conseillère synodale de l’EERF, a ensuite abordé la question de l’adhésion et de la contribution à la Communauté d’Églises en Mission (Ceeva), qui regroupe 36 Églises dans 25 pays sur 4 continents. Avec les autres Églises romandes, et par l’intermédiaire de l’association DM – échange et mission, l’EERF est membre fondatrice de la (Ceeva). La principale vocation de cette dernière est d’offrir aux Églises du nord et du sud la possibilité de partager des projets et des réflexions théologiques, tout en leur apportant un soutien à la formation théologique.
Paroisses interconnectées
La contribution financière des Églises romandes pour la Cevaa est assurée par DM jusqu’en 2028. À partir de cette date, chaque Église cantonale est invitée à adhérer directement à la Cevaa. « La continuité de l’adhésion de l’EERF à la Cevaa nous donne les moyens de vivre la dimension universelle de l’Église de Jésus-Christ d’une manière unique », a plaidé Tünde Lamboley.
Dans le monde protestant, la Cevaa est en effet « la seule communauté internationale d’Églises protestantes francophones qui permette aux Églises suisses de vivre des expériences communautaires, des engagements pour le monde et des réflexions théologiques. » Ainsi, faire partie de la Cevaa est une façon de montrer que « les paroisses sont interconnectées avec le monde et traversées par des réalités interculturelles ». Appelé à voter, le Synode a décidé de maintenir l’adhésion de l’EERF à la CEVAA et versera une contribution de 10'000 francs pour 2027, prélevés sur le montant alloué à DM.
Révision partielle du règlement
En fin de session, la conseillère synodale Anne-Elisabeth Nobs a présenté le mandat et les étapes de la révision partielle du Règlement ecclésiastique (RE) de l’EERF. Le règlement actuellement en vigueur a été adopté en 2012. « Son application au cours des dernières années a révélé certaines limites, incohérences et difficultés d’interprétation », a-t-elle rappelé. La révision, confiée à une commission ad hoc composée de membres du Synode, aura notamment pour mission de réexaminer certaines dispositions à la lumière des évolutions de la société et de l’expérience acquise.
« La révision n’a donc pas pour objet d’actualiser le règlement par principe : toute modification proposée doit répondre à un besoin clairement identifié », a relevé Anne-Elisabeth Nobs. Après délibérations, le Synode a décidé d’entrer en matière et d’adopter le mandat de la Commission de révision partielle du Règlement ecclésiastique. Un rapport est attendu à l’issue de ce processus, au plus tard à la fin 2027. Les candidatures pour participer aux travaux de la commission sont ouvertes.





