
UNIS MALGRÉ TOUT
Il y a dix ans, vous lisiez peut-être la dernière édition de La Vie protestante – Genève, de La Vie protestante – Neuchâtel, Berne, Jura ou de Bonne nouvelle. À l’aube du jubilé des 500 ans de la Réforme, les trois titres fusionnaient pour donner naissance à Réformés. Et alors que vous en tenez la 100e édition, se prépare en coulisses un nouveau média avec une question: «Quel sera son public cible?»
C’est dans cet état d’esprit que nous avons voulu revenir sur un élément marquant de l’identité des Églises partenaires: leur volonté de se mettre au service de toutes et tous dans la région qui est la leur. Les théologiens appellent ça le «multitudinisme».
Travailler ce thème m’a fait prendre conscience de deux choses. Premièrement, j’ai une affection immense pour la notion de paroisse géographique. Oui, on peut vivre un moment de partage spirituel avec les gens qui habitent dans le même quartier ou village, tout en étant conscient que cela implique de considérer également comme frère ou soeur en Christ la militante écologiste du bout de la rue et l’homme aux discours ultraconservateurs qui habite en face de l’Église.
Et malgré cet attachement à un principe, je ne suis pas le dernier à m’autoriser un peu de tourisme paroissial. Deuxièmement, le multitudinisme est apparu comme une réponse, à la fin des Lumières, au fait que la foi devenait affaire individuelle. Aujourd’hui, ce sont des pans entiers de nos vies qui s’individualisent grâce aux algorithmes des réseaux sociaux et des plateformes de vidéos qui font que l’on ne partage plus les mêmes informations ou divertissements. N’est-il pas temps de s’interroger? Comment vivre ensemble, malgré tout? Quels efforts allons-nous consentir pour faire société?





