
Les Eglises réformées neuchâteloise et vaudoise suspendent une pasteure
«Nous avons envie de montrer que nous osons traiter les cas et aller jusqu’au bout de la procédure», affirme Yves Bourquin, président du Conseil synodal (exécutif) de l’Eglise réformée neuchâteloise (EREN).
Ce mercredi 8 avril, l’exécutif a informé par écrit l’ensemble de ses employés de l’interdiction temporaire de travail concernant l’une de ses anciennes ministres. Même si elle n’est plus actuellement employée par l’EREN, elle y a été agrégée, c’est-à-dire intégrée au corps pastoral neuchâtelois. Elle pourrait donc y exercer occasionnellement son ministère.
Privée d’activités pastorales
Cette suspension porte sur toutes les activités pastorales qu’elles soient rémunérées ou bénévoles. Cela concerne donc tant les cultes, que les services funèbres, les mariages, le catéchisme et autres accompagnements spirituels. Les pompes funèbres ont également été averties de la décision, de même que les communautés de Montmirail et de Grandchamp dans lesquelles les ministres de l'EREN sont amenés à travailler.
Cette procédure découle d’un témoignage recueilli par l’antenne de «signalement d’abus» dans l'Eglise neuchâteloise. «A mon sens, on peut parler d’abus psychiques, physiques, financiers et spirituels», détaille Clémentine Miéville, en charge de cette antenne. Et selon nos informations, une procédure pénale est également en cours. Néanmoins, à ce jour, la pasteure reste présumée innocente.
Les raisons de la suspension
Mi-février, le Conseil synodal est averti – ce qui n’est pas automatique - de ce signalement. Face à la situation et selon le Règlement général de l'EREN, l’exécutif met en place une commission d’enquête interne. Les investigations concluent à «des manquements déontologiques qui portent le discrédit sur la dignité pastorale», explique Yves Bourquin.
Le Conseil synodal envisage même la destitution de la ministre, soit de lui retirer définitivement son agrégation. Une proposition qui doit être soumise à la commission de consécration et sur laquelle seul le synode (organe délibérant) peut trancher.
Employée de l'Eglise vaudoise
Aujourd’hui, la ministre est employée de l’Eglise réformée du canton de Vaud (EERV) qui prend elle aussi des mesures. «Nous avons suspendu cette personne», annonce le conseiller synodal Vincent Guyaz. «Et ceci pour deux raisons: une procédure pénale est en cours et des témoignages révèlent des écarts majeurs avec la profession pastorale. » Une décision qui fait suite à des investigations de plusieurs mois, menées indépendamment de celles de l’Eglise neuchâteloise. Le conseiller synodal vaudois ajoute aussi que l’exécutif a saisi la commission de traitement des litiges, en vue d’un licenciement.



