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© Mathieu Paillard
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© Mathieu Paillard

Sourds comme des nains

CONTE
Notre dossier vous pousse à la réflexion? La rédaction vous propose une histoire pour les 8-12 ans à lire à vos (petits-)enfants, pour lancer le débat en famille.

Aux alentours de l’an mille du Premier Age, les nains de la cité souterraine d’Alariand connurent une forte hausse de leur population. Leur médecine avait fait de grands progrès, ainsi que leur agriculture. Ils se mirent à creuser plus profondément dans la montagne et étendirent leurs champs cultivés à l’extérieur de la cité. Ainsi, du soir au matin, on entendait le son des pioches contre la roche, des scies dans les forêts environnantes et le hennissement des chevaux tirant les charrues dans les champs. 

Toute cette agitation des nains commença à créer des déséquilibres : la montagne commença de s’effondrer par endroits. Les animaux de la forêt, sangliers, cerfs et lapins, s’enfuirent vers l’est, tandis que les loups et les renards affamés se mirent à rôder de plus en plus près des fermes et de la ville. La rivière Dremôn, dont la source se trouvait sous la montagne, n’eut bientôt plus de poissons et s’asséchait désormais à chaque début de printemps, jusqu’à l’automne, car les nains détournaient ses eaux vers leurs cultures et leurs forges… 

En quelques années, la région autour d’Alariand devint presque aride, avec une végétation clairsemée. Les elfes vivant à l’Est envoyèrent quelques messagers aux nains afin qu’ils cessent de détruire les bois. Mais ils ne furent pas écoutés. Les nains, bien installés dans leur montagne, accumulant les richesses et des provisions, n’avaient que faire de ces « longues oreilles vertes » vivant dans les arbres et dans les forêts tels des animaux.

Ce fut ensuite le tour des lutins des bois, puis du peuple des guerriers lions des déserts du Sud de venir à la montagne d’Alariand pour se plaindre du comportement égoïste des habitants. Une fois encore, les nains se mirent à rire en écoutant les messagers : « Que nous veulent donc ces lutins crottés et ces nomades du désert ? Qu’ils retournent manger leurs racines ou courir dans les sables… ! » C’en était trop. Puisque les nains ne voulaient rien entendre, aveuglés par les profits, leurs richesses et leur confort, les elfes s’unirent aux lutins des bois et au peuple des lions, entrant en guerre contre Alariand. 

La guerre fut longue et chaque camp perdit beaucoup : des champs furent détruits et des forêts dévastées par les haches des nains. Nombreux furent ceux qui tombèrent durant les combats. La cité des nains demeurait toujours imprenable et ceux-ci ne cédèrent pas face à leurs adversaires. Jusqu’au jour où… 

Un matin, un bruit assourdissant se fit entendre au-dessus des champs de bataille. Phiruz, le titan des lointaines terres du sud, excédé par ces guerres qui menaçaient tout le Sud du continent, avait décidé d’intervenir. Haut dans le ciel, chevauchant un grand dragon doré, il était arrivé. Il souffla à plusieurs reprises dans une corne. La terre trembla, la montagne d’Alariand s’effondra, provoquant la fuite des nains. La terre s’entrouvrit, créant une profonde ouverture séparant à jamais les nains de leurs ennemis. La rivière Dremôn de nouveau libre s’écoula en cascade dans cette fissure et établit une nouvelle frontière… 

«L’Arbre qui menait au ciel» 

PUBLICATION A la suite d’un oiseau, une petite souris part explorer un arbre, le préféré du volatile : «celui qui touche le ciel  ». Le voyage se révèle être une découverte tout en poésie et en liberté de son monde intérieur. Un magnifique album illustré à lire en famille dès 6 ans. 

L’Arbre qui menait au ciel, Elise Vonaesch et Corinne Vonaesch, RéfEditions (OPEC), Olivétan et Ouverture, 2026, 60 p.