
Les trésors de nos sentiers : deux recettes bucoliques pour l’été
C’est le moment idéal pour faire des réserves bienfaisantes pour le reste de l’année et donner un but poétique à nos promenades: rentrer les mains pleines de saveurs et de remèdes à partager. Flâner et glaner, oui, mais toujours en appliquant la règle d’or du cueilleur respectueux: on récolte 1/3 pour soi et on laisse les 2/3 restants. Ce geste de gratitude permet à la plante de se régénérer, nourrit les insectes et préserve la surprise pour les prochains marcheurs. Voici deux idées simples pour inviter la flore locale dans vos cuisines et vos armoires à pharmacie.
Le macérât huileux de millepertuis
Dès le mois de juin, les prairies s’illuminent de petites étoiles jaunes. Le millepertuis recèle des vertus apaisantes que l’on extrait patiemment dans l’huile. Au toucher, ses fleurs teintent d’ailleurs les doigts d’un rouge violacé magique.
Ingrédients
100 g de sommités fleuries de millepertuis (fraîchement ouvertes)
250 ml d’huile de tournesol
Préparation
Le séchage: étalez les fleurs sur un linge propre ou une grille, à l’ombre et à l’air libre, pendant un à ceux jours pour éliminer l’humidité et éviter les moisissures.
La macération
Placez les f leurs dans un bocal et couvrez-les entièrement d’huile. Installez le bocal dans un endroit chaud, mais sans lumière directe du soleil. Mixez grossièrement le tout pour favoriser le transfert des propriétés actives.
Le filtrage
Après trois semaines, filtrez l’huile en pressant fermement les fleurs, puis transvasez le précieux liquide rouge dans un flacon étiqueté.
Utilisation & conseil
cette huile fait merveille sur les peaux irritées ou les muscles tendus. Elle se conserve 12 à 18 mois. Attention cependant: le millepertuis est photosensibilisant. Appliquez-le de préférence le soir ou couvrez bien la zone traitée avant de vous exposer au soleil.
Le thé d’épilobe fermenté («Ivan Tchaï»)
On repère de loin ses longues tiges couronnées de fleurs roses qui colonisent nos montagnes avant de se muer en un coton duveteux. L’épilobe en épi, humble et généreux, se transforme par la patience en un thé remarquable – sans théine, aux arômes subtils, floraux et boisés.
Ingrédients
100 g de sommités d’épilobe fraîches
Un linge propre… et une bonne dose de patience!
Préparation
Le flétrissage
étalez les feuilles en couche fine sur un linge humide, à l’abri du soleil, pendant 24 heures jusqu’à ce qu’elles deviennent souples et molles.
Le roulage
Roulez les feuilles énergiquement entre vos paumes pour former de petites boulettes. Elles doivent foncer et libérer leur suc, ce qui déclenchera la fermentation.
La fermentation
Placez les feuilles roulées dans un récipient en verre ou en céramique. Couvrez d’un linge humide sans fermer hermétiquement pour laisser respirer. Laissez reposer à température ambiante (20-25 °C) pendant 12 à 24 heures. Arrêtez le processus dès qu’un agréable parfum fruité se dégage.
Le séchage
Étalez le tout à l’air libre pendant deux à trois jours. Les feuilles doivent devenir sombres, sèches et cassantes.
Dégustation: s’il se conserve jusqu’à deux ans, attendez idéalement un petit mois avant de le goûter: ses arômes continuent de se bonifier. Comptez 1 c. à soupe de thé pour 250 ml d’eau à 90 °C, et laissez infuser 5 à 10 minutes (les feuilles peuvent être réinfusées deux à trois fois).
Le saviez-vous? Vous pouvez préparer un excellent thé de feuilles de framboisier sauvage en suivant exactement la même méthode de fermentation. Bonne cueillette à toutes et tous, et bel été!



